Poète, j’attends ma guerre

J’attends

Comme on attend l’insulte pour donner la gifle,
Comme on attend l’aurore pour lever le camp,
Comme les adultères attendent qu’on les quitte
Et les mette à la porte ; comme ceux là, j’attends

Être le chat qui scrute et le chien qui renifle,
Être alerte ou mourir et tremper dans le sang
Et dans l’être ma plume, et pour qu’enfin s’acquittent
De l’ennui mes poèmes, du terne mes chants

Alors, poète, j’attends ma guerre, j’attends
Un outrage à décrire, un meurtre à raconter,
Une tombe à fleurir toujours en me battant
Au nom irrévocable de grandes idées

J’attends que du sommeil s’extirpe mon volcan
Observer lente et noire sa bave effacer,
Engloutir un pays, un océan, j’attends
Comme on attend le soir pour se mettre à danser.

Poèmes aléatoires :

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