Il est toujours aigu
Et lorsque tu l’expires, il ne vient pas du ventre, mais d’un peu plus haut
Il est presque tremblant, attendrissant aussi
Qui sait d’où vient son air qui fait trembler ta gorge
Pour que son bruit s’envole comme un oisillon dans la salle de bain ?
Qui sait si un matin tu n’auras plus la force d’en faire un nouveau
Tant tu sembles fébrile et presque un peu coupable de laisser son murmure filer entre tes dents
Qui sait pourquoi toujours il sort comme un aveu – mais un aveu de quoi ? –
Un aveu de faiblesse ou un aveu d’amour ?
Un peu des deux, je crois

Il faut apprendre à dire « je t’aime ».
Cela n’est pas inné.
Ne jamais lésiner à le redire encore
« Envers et contre tout, je t’aime »
Et encore. Et encore.
Il faut surtout apprendre à le dire avec force
Car le bruit d’un « je t’aime » ronflant du bas du ventre, posé, serein,
gonflé d’air tiède et d’assurance, permet d'entrer en résonance avec le cœur de l'autre.
Un silence d’automne, un craquement d’hiver détonne – c’est un je t’aime – bien dit – pourtant – c’est un printemps – autant le dire – c’était... parfait – prêt – feu – partez si vous ne savez pas le dire – parler d’amour – se dire je t’aime – et le savoir – un soir d’été – le bruit de tes « je t’aime » semble comme affolé – comme un épi de blé qu’un coup de vent traverse – ou comme un peuplier qui, quand le vent rugit, ne fait que murmurer – son bruit est emmuré et moi je suis ici – assis à tes côtés – le bruit de tes je t’aime a su se faufiler au travers des fissures du mur dont je parlais.

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